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Histoire

Aude, Carcassonne : aux Archives Départementales de l’Aude, un fragment de registre d’Inquisition

Écrit par Administrateur.

Les Archives départementales de l’Aude conservent dans leurs collections, un fragment de registre d’Inquisition. Il s’agit des deux seuls feuillets sauvegardés d’un registre d’aveux (liber confessionum) tenu par les greffiers de l’Inquisition en 1243, sous la direction des dominicains Ferrier et Pons Gary. Ce précieux document servait de couverture à un registre de minutes notariales de 1629, appartenant à une étude de Fanjeaux.

 


           
Les aveux qui y figurent sont rédigés à la première personne : confiteor et recognosco… (Je confesse et je reconnais…) ; ils sont suivis d’une soumission aux décisions du tribunal et d’une demande «  levée d’excommunication. Ce document concerne surtout le Lauragais et met en scène des hommes et des femmes de diverses conditions résidant dans les communautés de Fanjeaux, de Laurac, de Mas-Saintes-Puelles et de Saint-Gaudéric. Tous sont accusés d‘avoir adhéré à la religion cathare. Secura, épouse de Guillaume Vitalis, reconnaît ainsi avoir reçu le consolamentum de la part d’hérétiques notoires et avoir participé à des prières, des jeûnes et d’autres rites. Elle demande donc sa reconciliation avec l’Eglise, accepte par avance la peine qui lui sera infligée (exil ou emprisonnement) et entre ainsi dans la catégorie des repentis. Certains de ces hérétiques sont des relaps, comme le tisserand Pierre Amiel et noble Pierre Sanche, qui avaient déjà été réconciliés mais sont par la suite retombés dans l’hérésie, ce qui leur vaudra sans aucun doute une peine plus dire.
Ce double feuillet s’inscrit par ailleurs dans une période particulière et difficile de l’histoire de l’Inquisition méridionale. En effet, dans la nuit du 28 au 29 mai 1242, les inquisiteurs Guillaume Arnaud dominicain et Etienne de Saint-Thibéry franciscain, en tournée dans le Lauragais, sont assassinés à Avignonet par une troupe de chevaliers et de sergents venus de Montségur. L’attentat sert les intérêts du comte de Toulouse, Raymond VII, même si celui-ci n’en est pas l’instigateur. Toutefois, la tentative de révolte de Raymond VII tourne court et cet échec s’accompagne de poursuites systématiques et rigoureuses menées par l’Inquisition. Dans l’attente du remplacement des inquisiteurs toulousains, l’intérim est alors assuré par un frère précheur, le catalan Ferrier, qui dès l’automne 1242, poursuit la tâche entreprise. (Source, La cansό, 800 ans après la croisade contre les Albigeois, n° 8, décembre 2009)