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Littérature et bibliophilie

Un trésor à Martres-Tolosane

Écrit par Administrateur. Posted in Littérature et bibliophilie

 

Un trésor à Martres-Tolosane ou les révélations de Nostradamus.

 

                                                            Ecrit par Sylvain de Montretout le 17 décembre 2018

 

Martres Tolosane, bourgade connue pour sa faïence possède un des sites archéologique les plus célèbres de l’époque Gallo-Romaine. La villa Chiragan a livré, au cours des différentes fouilles opérées, quantité d’œuvres uniques tant pour pour leur facture que pour leur diversité. Le site était connu depuis le XVII è siècle sous le nom d’Angonia qui vraisemblablement provenait du nom des premiers propriétaires de cette villa remarquable par sa taille et la quantité impressionnante des vestiges qui ont été mis à jour.

 En effet, la villa connue aussi par le nom d’Aconiana située entre la voie qui reliait Toulouse aux Pyrénées et la Garonne s’étendait sur une surface de 2 hectares et demi dans une enceinte composée d’un rectangle de 16 hectares. On accédait à l’habitation des maîtres par une large avenue pavée et bordée de cyprès. Il a été établi que le seul rez de chaussée comportait à lui seul 200 chambres, salles et divers réduits. Les salons de réception orientés au sud étaient accessibles via un portique ouvert sur un jardin en contrebas desservi par un monumental escalier de 12 m de large. Deux ailes encadrées par des portiques communiquaient, la première à l’ouest semble-t-il sur un vaste parc, la seconde à l’est donnait sur une galerie avec une belle cour d’honneur décorée avec une fontaine impressionnante. Il est possible qu’en cet endroit étaient appendus sur les parois la frise des célèbres travaux d’hercule que l’on peut admirer au musée St-Raymond dans la ville rose.

  Les thermes occupaient une surface considérable et on se plait à penser qu’aux jours d’été les maîtres avec leurs épouses allaient chercher la fraicheur dans un nymphée, dallé et lambrissé de marbres polychromes orné de bassins, ou se jouaient les eaux vives. Enfin, deux portails grandioses se faisant face, s’ouvraient sur un spacieux atrium formant l’entrée d’une palestre bien close et terminée par un vaste hémicycle. De nombreux bâtiments, celliers, hangars et une série de maisonnettes entouraient le domaine. Voici résumée la description de cette splendide demeure dont les diverses fouilles, opérées du 19 è siècle jusqu’à nos jours, ont mis à jour les magnifiques sculptures que l’on peut admirer à Toulouse. Habitée jusqu’au temps d’Arcadius restaurée sous Trajan il se dit que c’est au 2 è siècle sous les Antonins qu’elle se métamorphosa en un somptueux palais de marbre. Et cette villa possédait évidemment son temple que l’on devine fastueux.

 Les spécialistes s’accordent pour reconnaitre qu’il s’agit là de la plus grande villa Romaine en Europe avec la villa Hadriana et qu’elle était qualifiée de Villa Impériale, ses propriétaires occupant de hautes fonctions dans la hiérarchie Romaine…

 On situe aux environs du début du V è siècle la ruine de ces splendeurs par les mêmes barbares qui dévastèrent  la Lugdunum des Convènes à St Bertrand de Comminges, ensuite, progressivement, les ruines furent pillées et ses murs servirent longtemps de matériaux de récupération aux populations locales.

 Nostradamus dans ses célèbres Centuries nous a livré des strophes laissant entendre qu’un trésor se cache sous les antiques édifices vestaux de ce lieu. En tout cas, c’est la thèse soutenue dans un rare opuscule édité à Copenhague par Leisner en 1976 et rédigé par Poul Bjorndhal Veggerby : Nostradamus et Les Ruines Gallo Romaines à Martres Tolosane. Lisons donc le Récit du Temple du célèbre mage de Salon :

 II , 17

 Le camp du temple de la vierge vestale

 Non éloigné d’Ethène et mons Pyrénées

 Le grand conduict est caché dans le male.

 North gettez fleuves et vignes mastinées.

 V, 66

 Sous les antiques édifices vestaux,

 Nons éloignés d’aque duc ruine,

 De Sol et Lune sont les luisants métaux,

 Ardente lampe Trian d’or burine

 X, 81

 Mis trhésor temples citadins Hespériques,

 Dans iceluy retiré en secret lieu

 Le temple ouvrir les liens faméliques,

 

Reprens, ravis, proy horrible.

 L’auteur affirme que Nostradamus connaissait ces ruines, ayant habité près de la Garonne et exercé comme médecin à Agen. En outre, développant Sa thèse, il nous dit qu’en ce lieu, on pouvait apercevoir une colonne de porphyre au bord de la Garonne que Nostradamus signale à 2 reprises dans ses quatrains, le mot quant à lui apparaissant à 3 reprises dans ceux-ci. Ex IX, 32 : De fin porphire profond collon trouvee. Quant au Temple, il signale qu’en 1632, le chanoine Lebret le signalait dans une lettre, le décrivant grand et magnifique, son sanctuaire possédant un pavé bleu éclatant. Dans celui-ci, à l’approche des vandales, un trésor fabuleux aurait été enfoui, Nostradamus le confie à la fin de son quatrain I, 53. « Quand d’or, d’argent trouve nouvelle mine »

 Ce terme désignant le trésor du temple. Celui-ci aurait été mis à l’abri comme indiqué dans X 81. Il était proche de l’aqueduc mis à jour par les archéologues : « Non éloignéz aque duc ruine »

De la colonne de porphyre à la pierre DM : un renseignement précis nous est donné pour localiser cet emplacement : VIII, 30 « Trheser trouvé, ---et en deux locs place » Rappelons que cette pierre extraite est encore visible au musée St-Raymond signifie DIS MANIBUS, « soit « aux Dieux mânes. » Elle se trouvait, d’après Nostradamus, à proximité immédiate de la tombe d’un Triumvir et contenait des écrits remarquables scellés dans du plomb et d’autres dans le marbre. Ce trésor se trouvait donc bien enfoui à deux endroits, l’un près de la pierre DM, l’autre sous les caves du palais concluait l’auteur de cet essai, s’appuyant sur le fameux quatrain : VIII.66:

 Quand l'ecriture D. M. trouvée,

 Et cave antique à lampe descouverte,

 Loy, Roy & Prince Ulpian esprouvee,

 Pavillon Royne & Duc sous la couverte.

Des schémas précis dans ce document situant les différents jalons permettant de situer la cache dont la colonne de porphyre et la fameuse pierre DM venaient à l’appui de cette démonstration.

 Ces passages de Nostradamus ne devaient pas rester uniques dans leur interprétation puisqu’ils furent repris pour un lieu célèbre longtemps après la publication de cet ouvrage. Il est vrai que tant les quatrains dédiés à ce temple mystérieux que celui de la fameuse écriture DM ont été largement assimilés à la mirifique histoire de Rennes-le-Château par quelques commentateurs pressés de porter leur lumière sur l’autel de leur imagination, mais soyons-sûrs que ceux-ci auraient été grandement étonnés par la parution de cet opuscule au temps, on était en 1976 rappelons-le, où les publications sur le célèbre village de la haute vallée de l’Aude et de son curé, l’abbé Bérenger Saunière, se comptaient sur la largeur d’une étagère…

  Gageons que Poul Bjorndahl Veggerby leur aurait apporté une sévère contradiction.

 

A lire : Annales du Midi Tome XX, n° 77, 1908.

Dans nos colonnes : La Villa Chiragan.

 A visiter:  Le Musée St-Raymond, Place St-Sernin, Toulouse.