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Chroniques et légendes

Les écrits insolites de l’évêque Agobard

Écrit par Administrateur. Posted in Chroniques et légendes

Les écrits insolites de l’évêque Agobard
Les documents écrits qui nous sont parvenus de l’époque carolingienne, outre qu’ils sont relativement rares et ne se départissent jamais d’une stricte orthodoxie, n’intéressent aujourd’hui que quelques spécialistes. Il existe pourtant, parmi eux, le témoignage d’un clerc fort savant qui ne déparerait pas la littérature de science fiction dont débordent, depuis longtemps, les rayons de nos librairies. Voici, en quelque mots, quel était ce personnage et l’insolite narration qu’il a léguée à la postérité…

 

Dès l’an 780, à l’issue de la désastreuse expédition de Charlemagne à Saragosse, conclue par la mort héroïque de son neveu Roland à Roncevaux, nombre d’Espagnols ayant collaboré avec les Francs durent quitter la Péninsule, pour fuir la contre - offensive de l’émir de Cordoue. C’est ainsi que de nombreux réfugiés, dénommés hispani, franchirent les Albères et refluèrent vers la Septimanie, libérée du joug musulman depuis la prise de Narbonne par les troupes de Pépin le Bref, en 759. Ils s’établirent surtout dans le Roussillon et la Razès, dont les habitants étaient alors très clairsemés du fait des conflits continuels y ayant eu lieu depuis plus d’un demi-siècle. Nombre d’entre eux étaient des descendants des Wisigoths ayant gouverné l’Espagne depuis presque trois siècles. Après le célèbre évêque Théodulf (vers 750-821) – devenu plus tard un proche de Charlemagne,- de nombreux autres réfugiés vinrent s’établir dans la haute vallée de l’Aude. L’un des plus notables fut un certain Atala, dont on sait qu’il était fort riche et qu’il fonda l’abbaye de Saint-Polycarpe, fille de celle d’Alet.
Dans l’entourage de ce mécène se trouvait un petit Wisigoth, âgé de trois ans lors de son arrivée, qui se nommait Agobard (779-840) et qui, comme son compatriote Théodulf, allait connaître une destinée hors du commun Il a décrit lui-même sa venue en Narbonnaise de la façon suivante, en marge de l’un des manuscrits intégrés dans les Annales Lugdunenses : 782. Hoc anno ab Hispanii in Galliam Narbonnensen veni. Probablement formé à l’abbaye d’Alet, qui avait été réédifiée par le comte wisigoth Guillemund de Razés après 759 et richement dotée par son fils Béra en 812, il fut comme son aîné Théodulf considéré comme une des têtes les mieux faites de son temps. Ce qui lui permit de devenir archevêque de Lyon à l’âge de trente-sept ans. Dignité dans laquelle il succéda à un certain Leydrade, missus dominicus de Charlemagne qui avait accompagné Théodulf lors de leur périple commun en Septimanie en 798, et de leur visite à la cité de Rhedæ. Cité que Théodulf a écrit être revenu la voir, et dont le seul vestige, aujourd’hui, n’est plus que le village de Rennes – le - Château. Ces deux prélats avaient été envoyés en Septimanie par Charlemagne, pour essayer d’extirper l’hérésie adoptianiste – dénommée aussi félicienne,- qui avait été véhiculée par certains de ces hispani. 
Comme Théodulf, Agobard était donc un personnage digne de foi - au sens entier du terme,- dont le témoignage mérite d’être pris en considération.

Or il se trouve qu’un extrait des écrits de ce docte prélat semble pour le moins insolite, puisqu’il se rapporte assez bizarrement….à la navigation spatiale ! Qu’on en juge : Nous avons cependant vu et entendu beaucoup d’hommes plongés dans une si grande stupidité, noyés dans de telles profondeurs de folie, qu’ils croient qu’il existe une certaine région qu’ils appellent Magonia, où des bateaux voguent dans les nuages pour emporter dans ces lieux les fruits de la terre qu’ont détruit la grêle et les tempêtes ; les marins paient des gratifications aux sorciers de l’orage et reçoivent eux-mêmes le blé et d’autres produits. Parmi ces gens, dont la folie est assez aveugle pour leur permettre de croire ces choses possibles, j’en ai vu quelques uns extirpant d’une assemblée quatre personnes garrotées – trois hommes et une femme – qui, prétendaient-ils, étaient tombés de ces bateaux.

Cette chose étonnante survint dans la bonne ville de Lyon, au début du neuvième siècle, et Agobard réussit finalement, par la persuasion, à sauver la vie de ces quatre malheureux promis à un très mauvais sort de la part de ses ouailles.
Si la description que donne l’archevêque d’un aéronef peut sembler naïve, elle pose néanmoins deux problèmes : celui de l’ancienneté d’une croyance populaire dans les engins volants venus d’on ne sait où, et l’étrangeté du terme désignant la région dans laquelle se meuvent ces bateaux voguant dans les nuages. Peut-on la situer dans la sphère poétique, métaphysique….. ou extra-terrestre ?
Aujourd’hui, il semblerait qu’après les progrès réalisés par la cosmologie - avec notamment la découverte d’une multitude de planètes extrasolaires,- la venue de ces gens de Magonia, qui n’intéressait jusque là que les Ufologues,- n’étonnerait finalement plus grand monde !

©Jean Alain SIPRA

En 776, CHRONIQUE DE WILLIAM DRAKE:
"Ceux qui regardaient au dehors à cet endroit, dont la plupart sont encore en vie, virent ce qu’ils décrivirent comme des sortes de grands boucliers, de couleur rouge qui se déplaçaient au dessus de l'église, et quand les payens qui étaient dehors virent ce signe, ils furent aussitôt pris de terreur en de confusion et s'enfuirent du château."
En 810, CHARLEMAGNE:
Saint Grégoire de Tours, une historien, écrivit de Charlemagne:
"Alcuin, le secrétaire et biographe de Charlemagnes, et auteur de "Vita Karoli", déclare au chapitre 32 de son ouvrage qu'en 810 alors qu'il se rendait à Aix, il vit une grande sphère descendre comme un éclair dans le ciel de l'Est vers l'Ouest. C'était si brillant que le cheval du monarque rua et que Charlemagne se blessa sévèrement en tombant."
NB. Le Dictionnaire Latin-Français Gaffiot définit le terme magonianus comme : habitants de la ville de Magon. Mais Magon est aussi le nom porté par des généraux carthaginois et, notamment, par l’un des jeunes fils d’Hannibal. Cette cité antique, depuis longtemps disparue, pourrait donc être d’origine carthaginoise.