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Histoire

Haute-Garonne. Toulouse. La série noire des comtes de Toulouse.

Écrit par Administrateur.

Du premier au dernier comte de Toulouse, cette fonction régalienne ne semble pas avoir été un long fleuve tranquille. Pour peu que l’on s’attarde à déterminer le destin des uns et des autres, on s’aperçoit de la redoutable position qui était la leur.

Souverains sur un territoire qui s’étendait de la Garonne au Rhône, ils n’ont cessé de voir leur puissance contestée, enviée, réduite, qui par l’omniprésente Aquitaine ou par la Maison de Foix, quand ce n’est pas le roi de France lui-même qui instrumentalise cette cabale. Lumière sur les aspects sombres de cette dynastie :

Chorson.
Il fut le premier comte de Toulouse (778). On suppose qu’il était de la parenté du duc Eudes, qui avait été gouverneur de l’Aquitaine. Charlemagne, qui l’avait choisi, lui préféra vingt ans plus tard, un successeur plus déterminé. Ce fut Guillaume, celui que les fables épiques appelèrent Guillaume au Court nez, fondateur du monastère de Saint-Guilhem le Désert et terreur des Sarrazins. Sur la fin de sa vie, celui-ci fut subjugué par l’ascèse et prit l’habit de saint Benoît. En 812, il mourut d’épuisement pour s’être soumis à une règle trop stricte.

 

Bérenger.
En 834, alors qu’il se rendait en Dauphiné, pour assister à une assemblée voulue par l’empereur Lothaire, Bérenger, 4e comte de Toulouse, mourut soudainement en chemin.

Bernard 1er.
En 846, pour de sombres motifs, le roi Charles le Chauve prémédita d’assassiner, de sa propre main, Bernard 1er, 5e comte de Toulouse.
Tout un cérémonial était en place sur le parvis, devant la cathédrale monastique de Saint-Sernin, à Toulouse, pour sceller une réconciliation, lorsque le roi Charles, acceptant la main tendue par son féal, lui enfonça dans les côtes un poignard qu’il tenait de la main gauche. Dans une attitude pleine de morgue, Le Chauve posa le pied sur le corps du duc et, s’exprimant à haute voix,  fit cette déclaration : « Malheur à toi, qui a osé souiller le lit de mon père, ton seigneur ! ».
Pendant deux jours, le cadavre de Bernard de Toulouse resta à la vue des passants. Défense absolue avait été exigée par le roi de rendre hommage au comte. Pourtant, l’évêque de  Saint-Sernin, profitant de l’absence de Charles le Chauve, qui était à la chasse, fit procéder à l’inhumation du comte de Toulouse, payant sur ses propres deniers un tombeau digne du défunt. A son retour, le roi, contrarié, n’imposa qu’une forte amende au prélat pour sa désobéissance.

Guillaume II.
En 848, trahi par le comte de Gascogne, Sanche-Sancion, le comte de Toulouse, Guillaume II, fut retenu prisonnier. Probablement pour complaire à Charles le Chauve, Sancion proposa de lui livrer le captif. Au final, Guillaume II fut relégué à Soissons, au monastère de Saint-Médard, et y resta jusqu’à la fin de ses jours. Lorsqu’il succède à son père, le vaillant Raymond IV, Bertrand 1er est encore un jeune homme inexpérimenté. Il s’effraie du pouvoir dont il hérite et ne tarde pas, en 1096, à passer la main à Guillaume d’Aquitaine. Celui n’a rien de plus pressé que de lui imposer le village de Saint-Pierre de Blagnac en résience forcée. Toutefois, cinq ans plus tard, Bertrand récupéra ses titres et privilèges alors que Guillaume d'Aquitaine est en Terre Sainte.
Avant que celui-ci ne revienne,  le comte Bertrand résignera ses apanages et qualités au profit de son frère cadet, Alphonse de Joudain. Le comte Alphonse sera d'autant plus un fin politique qu'il attirera à lui de mortelles inimitiés. C'est ainsi que, partit pour la Palestine, il débarque, le 15 avril 1148, à Saint-Jean d'Acre. Las ! Alphonse de Jourdain, convié à un festin à Césarée, y sera sournoisement empoisonné. Les historiens du temps se sont perdus en conjectures sur les motifs de ce lâche assassinat, en rendant responsable tout aussi bien son épouse, la reine Faydide, qu'Aliénor d'Aquitaine, femme de Louis VII. Guillaume de Nangis, autre chroniqueur, optait plus volontiers pour Mélisende, reine de Jérusalem.

Anfos (1114-1148)
En 1146, Anfos répond à l’appel de la Croisade lancée par saint Bernard, à Vézelay. Fin 1147, le comte de Toulouse s’embarque pour la Palestine. A Césarée, le 15 avril 1148, il est convié à un dîner. Las ! Comme son précédesseur Guillaume II, il y sera empoisonné sans qu’on puisse désigner nommément un coupable.

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A l'occasion de la restructuration du palais de justice de Toulouse en 2005 et 2006, une équipe de l'inrap a mis au jour les vestiges de la forteresse médiévale des comtes de Toulouse : le chateau Narbonnais.
Visuel de ce chantier archéologique : http://www.dailymotion.com/video/x9vbza_le-chateau-des-comtes-de-toulouse_tech