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Religieux

Méditerranée. Jésus et la malédiction du figuier.

Écrit par Administrateur. Posted in Religieux

Le figuier est un arbre de la catégorie des Moracées, c’est un genre qui comprend plus de six cents espèces. Les fleurs, non apparentes, tapissent la cavité interne de la pulpe verte qu’on nomme familièrement « le fruit », et qui est un réceptacle charnu ou globuleux. Origine de l’Asie occidentale, il s’est parfaitement acclimaté aux régions méditerranéennes. On dit que les premiers plans furent importés en Provence par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On en trouve donc beaucoup au Moyen Orient, notamment en Palestine.

Outre l’avantage de ses fruits, on utilisait au temps bibliques ses feuilles, qui sont longues et larges, pour faire des ceintures. Mais depuis 2000 ans, le figuier semble frappé d’un ostracisme qui trouve son origine dans une réaction de Jésus, principalement raconté par Marc ( chap. 11, versets 12-14 ; 20-23 ; 25-26). L’épisode se situe à Jérusalem, peu avant l’expulsion des marchands du Temple. Jésus sort de Béthanie et avise, au loin, un figuier. Amplement feuillu, cet arbre doit cacher de nombreux fruits. S’en étant approché, Jésus est déçu de ne pas en trouver. Quelqu’un lui fait bien remarquer que ce n’est pas la saison des fruits, mais Jésus n’objecte rien, il se contente de porter l’anathème sur cet arbre : « Que jamais plus désormais, de toi, personne ne mange de fruit ! »
Sur le moment, ceux qui assistèrent à cette scène n’en virent pas la portée. Mais plus tard, lorsque ceux qui l’accompagnaient virent de nouveau le figuier, ils s’étonnèrent de voir l’arbre complètement desséché. Pierre le fit observer à Jésus : « Rabbi, vois : le figuier que tu as maudit est desséché ! » Mais, Jésus fit peu de cas du phénomène, il se contenta de rappeler l’exigence que l’on a de croire en Dieu et en sa puissance. « En vérité, je vous le dis, ajoute Jésus, si quelqu’un dit à cette montagne : soulève-toi et jette-toi dans la mer ! en croyant parfaitement que cela se réalisera, alors il l’obtiendra… Je vous le dis : tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous l’obtiendrez. »
Cette parabole du figuier n’a pas peu déconcertée certains exégètes. Comment reprocher à un figuier de ne pas donner de fruits hors saisons ? N’est-il pas disproportionné de porter anathème à un arbre, stérile ou non, qui ne pouvait être que tributaire de son espèce ?
En fait, Jésus avait voulu faire de cet arbre le reflet de l’Humanité, l’image de chacun de nous. Il avait voulu mettre en exergue l’apparence que l’on donne parfois. Or, la réalité est souvent différente. C’est le dilemme entre « être » ou « paraître ».
La beauté du figuier, de loin, cachait en faite ses insuffisances, celui de ne pas avoir de fruits. Jésus entend  nous dire qu’il vaut mieux être soi-même que donner l’impression de ce que l’on n’est pas.

Ainsi, ce que le Fils de Dieu vient chercher en nous c’est le fruit – un fruit digne de l’apparence qui est la nôtre. Ainsi donc, le figuier avait les caractères de son espèce, mais il n’en avait pas les fruits ; l’homme a les caractères de sa race, mais se trouve le plus souvent dépourvu de fruits.
Cet épisode nous enseigne qu’il faut croire à tout moment en l’amour de Dieu, pardonner aux offenses. Alors seulement, le fruit reviendra.