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Insolite

Hérault. Vailhauquès. « La maison qui frappe ».

Écrit par Administrateur. Posted in Insolite

« La maison qui frappe ». C’est ainsi que les journalistes désignèrent une maison des environs de Montpellier, qui attira les projecteurs de l’actualité au début de l’année 1988.  Située au hameau de la Coste, sur la commune de Vailhauquès, c’était une ancienne grange confortablement réhabilitée en maison d’habitation. Nichée au milieu des vignes, elle bénéficiait d’un calme sans mitoyenneté. Depuis vingt ans déjà, M. et Mme Boudon l’occupaient en toute quiétude. Ils avaient maintenant un fils, Olivier, alors âgé de 16 ans.

Vint cette nuit de novembre 1987, où le couple perçut des bruits, comme si quelqu’un frappait à leur porte. Dans les semaines qui suivirent, il y eut d’autres manifestations du même genre. Imperturbablement, les époux Boudon prirent le parti de les ignorer. Mais, dès janvier, ces bruits se firent plus rapprochés et d’une intensité inquiétante. Toutes les nuits, des coups montaient des fondations de la maison ! Excédée, la mère de famille préféra quitter la demeure. C’est alors que le mari alla demander de l’aide à la brigade de gendarmerie de Saint-Gély-du-Fesc, dont Vailhauquès dépendait.
Assez vite, les enquêteurs rejetèrent l’hypothèse d’une supercherie ou d’une malveillance de quelqu’un de l’extérieur. Mais, dans l’incapacité d’expliquer ce mystère et de ramener le calme, ils proposèrent à M. Boudon de faire intervenir un spécialiste du paranormal. C’est ainsi qu’ils sollicitèrent M. Yves Lignon, professeur de mathématique à l’U.E.R. de sociologie, mais surtout responsable du laboratoire de parapsychologie de l’Université du Mirail à Toulouse.
Début février, M. Lignon vint à Vailhauquès, accompagné d’un assistant. Il apportait avec lui une batterie de magnétophones et un générateur aléatoire. Cet étonnant appareil se distinguait par son compteur gradué de zéro à neuf. Si on appuie sur un bouton, des chiffres défilent. Cela permet d’estimer si le sujet émet un flux électronique.


Dès sa première  nuit au mas de la Coste, Lignon est témoin des phénomènes sonores. Pratiquement toutes les cinquante minutes, des bruits sourds sont perçus comme issus des murs porteurs de la maison… Par la suite, il sera à même de constater des rythmes de cinq à cents coups toutes les vingt-quatre heures !
Tout d’abord, M. Lignon avait pensé que c’était Olivier, l’adolescent, qui était involontairement à l’origine de ces manifestations auditives. A l’instar d’autres exemples, il aurait été victime d’un phénomène de type « psycho kinèse », c’est-à-dire né de l’action de la pensée sur la matière. Puis, il émit l’hypothèse de phénomènes parasitaires provoqués par les radars des aéroports de Montpellier-Fréjorgues et Nîmes-Garons. Mais, là encore, il en écarta rapidement l’éventualité. Il songea encore à une action en sorcellerie de la part d’un voisin irascible, qui aurait voué une haine féroce aux propriétaires du mas… Désespérant que l’on troue rapidement une solution, Georges Boudon se disait prêt à faire intervenir un exorciste. ? Pour lui, de tels « maléfices » ne pouvait être que l’œuvre du Diable !
Une idée, peu à peu, se fit jour pourtant. Déjà, le maire de Vailhauquès, M. Paul Bernard,  en avait fait la remarque. C’était en période pluvieuse que l’intensité des coups était le plus marquant. Et si le mystère avait pour origine la propagation d’ondes sonores par le truchement de conduits karstiques ? (On désigne ainsi les couches calcaires à forte érosion). En résumant par une formule, l’énigme de la « maison qui frappe » a pour nom le « paradoxe de Venturi ». C’est le principe du lac souterrain qui se forme, mais dont le trop-plein passe par une sinuosité de type siphon. Lorsque l’eau excédentaire veut s’échapper, elle subit une pression à hauteur du coude naturel. Mais tant que le siphon n’est pas saturé, l’eau ne s’écoule pas. En fait, c’est l’amorçage du siphon, avant qu’il ne se vide, qui produit ces ondes de choc perçues depuis la surface. Si ce cycle intervient dans un temps proche mais inférieur à 24 heures, le réamorçage du siphon et les ondes de choc qui s’ensuivent se reproduisent à peu près à la même heure. Autrement dit, si les premiers « bruits » ont été perçus durant la nuit, les manifestations suivantes, s’étageant sur 24 heures, se produiront durant d’autres nuits.


C’est à cette conclusion que M. Jean-Claude Gilly, hydrogéologue du laboratoire départemental d’Equipement de la ville de Montpellier, s’est rallié et en a fait la démonstration. Des plongeurs, en effet, sont descendus  dans un puits situé à distance de la propriété des Boudon et ont recréé les « phénonèmes frappeurs » en tapant lourdement sur des pierres en sous-sol.
Peu à peu, le mas de la Coste a retrouvé son calme. En 1990, les époux Boudon ont vendu cette maison ; leurs successeurs n’ont jamais regretté leur achat. De nos jours, de cette manifestation des « esprits », il n’en reste plus qu’une belle histoire.


Référence Web éventuelle : http://www.zetetique.org/vail1.html (à caractère polémique).