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Faune et flore

Pyrénées-Orientales. Collioure, Port-Vendres… Dans le Grand Bleu, des auxiliaires dévoués : les dauphins, par Michel Azens.

Écrit par Administrateur. Posted in Faune et flore

Sur les plus anciennes monnaies ibériques, en particulier un denier de Séloncen, on peut voir figurer ces « charmants dieux marins » que sont les dauphins.

Evoluant avec grâce sur l’écume, devançant souvent les navires à leur proue, le dauphin est un cétacé familier de la Méditerranée. Il n’est pas rare que l’on puisse en apercevoir  le long de nos rivages languedociens. Ainsi, en 2001, à Collioure, une femelle extrêmement agile fit l’actualité, principalement par la hardiesse de ses ébats et la régularité de sa fréquentation. On lui donna le joli nom  de Dolphy. Elle prenait un plaisir canaille à passer entre les jambes des baigneurs…
Le phénomène se renouvela dans d’autres ports de la région, notamment à  Port Vendres où, à notre tour, nous pûmes admirer les facéties de l’un d’entre eux qui avait pris l’habitude de venir s’aventurer à quelques mètres seulement du ponton d’un restaurant nommé l’Oasis, situé sur la route menant au phare. Il est un fait que ces animaux, d’une grande sociabilité, ont fait souvent preuve, à l’égard de l’homme, d’une certaine connivence quand ce n’est pas du dévouement. Les témoignages ne manquent pas pour rappeler leur aide auprès des naufragés et des marins égarés dans les zones dangereuses. Certains ont précédés des bateaux pour leur éviter un désastre inéluctable.
Bernard  Moitessier , célèbre navigateur, s’en porte garant dans l’un de ses ouvrages, La longue Route ( éd. Arthaud, 1971), où il raconte avoir assisté à un étrange ballet de ses « anges gardiens » venus lui prêter assistance. Lorsqu’il eut achevé sa manœuvre salvatrice, il put admirer le spectacle grandiose d’un grand mâle noir et blanc effectuant un saut périlleux, c’était certainement sa façon d’exprimer sa jubilation d’avoir été compris par ce marin au long cours.
Pline, le fameux géographe latin, dans son Histoire Naturelle, au chapitre IX, nous fait le récit de la façon dont les dauphins secondaient les pêcheurs du port de Lattes, près de Montpellier.  Ces mammifères se mettaient en demi-cercle de façon à constituer une nasse. Puis, avançant en ordre, les poissons étaient irrésistiblement poussés vers les filets. Dès lors, il ne restait plus qu’aux pêcheurs de finirent le travail. On voit même les dauphins se laisser prendre dans les filets  de façon à ce qu’aucune prise ne manque. Bien sûr, ces précieux auxiliaires sont ensuite relâchés. Pour tout salaire, ils ne demandent que quelques poissons en pitance. Et comme chaque jour suffit sa peine, on les voit se représenter le lendemain pour le même ouvrage.

Pendant des années, les plages de La Franqui, près de Sigean (Aude), ont accueilli, en septembre, leurs joyeuses troupes caracolant sur la crête des petites vagues à la rencontre de la grève. Dans son livre Corbières magiques (Subervie, éd, 1969) Josette Villefranque dit son émerveillement de les avoir observé à moins de vingt mètres du rivage, tel un troupeau nonchalant,  « s’ébattant en toute liberté au sein de l’onde et flirtant sur le sable... »

Lien visuel : http://www.youtube.com/watch?v=G7kmXyiCfB8