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Architecture et monuments

Toulouse. Une curiosité rare : un profil de Louis XVI au Tribunal de Grande Instance, par Michel Azens

Écrit par Administrateur. Posted in Architecture et monuments

Achevée en 1492, l’ancienne grande Chambre du Parlement de Toulouse accueille aujourd’hui la salle d’audience de la première Chambre de la Cour d’Appel de la ville rose. Cent quatre- vingt sept caissons de bois composent le plafond et de belles peintures médiévales, sous un décor en trompe-l’œil, ont été conservées.

Installé a Toulouse le 4 juin 1444, le Parlement de Languedoc, deuxième de France après celui de Paris, fut créé par le roi Charles VII . Des festivités somptueuses furent déployées à cette occasion, annonciatrices du destin prestigieux de cette institution judiciaire et politique et ce jusqu’à la Révolution. Sa compétence s’étendait sur toute la partie méridionale du royaume. La rentrée solennelle des parlementaires se faisait après la célébration de la messe du Saint-Esprit, dans la chapelle de la grande Chambre chaque année, le 12 novembre.
Chargés de rendre la justice sous forme d’arrêts, ainsi que d’instruire les requêtes, ils enregistraient les édits royaux et prenaient également les ordonnances. Il est notoire qu’affermis dans leur pouvoir, ils avaient pris l’habitude d’exercer un droit de remontrance sur les actes du souverain... Aussi, sous le règne de Louis XV, l’opposition des parlementaires se manifesta avec force en 1763, refusant d’enregistrer de nouveaux édits fiscaux .Le chancelier Maupeou, suite à ces « humeurs », supprima le Parlement en 1773.  Louis XVI, alors âgé de 21 ans décida son rétablissement en 1775, ce qui eut pour effet de produire la liesse dans la population Toulousaine. Il est à noter que la ville vivait depuis des siècles de l’activité judiciaire, grâce aux milliers de plaideurs venant y séjourner.
L’ordre des avocats, reconnaissant, exprima sa gratitude en faisant ériger dans la grande Chambre un obélisque de marbre vert sur lequel le jeune roi apparait en médaillon.

 Il s’agit là, à notre connaissance, de l’un des rares monuments conservés en France à la gloire de Louis XVI. Parmi ceux-ci, on peut citer la très remarquable colonne de Port-Vendres,  la statue en marbre exécutée par un élève, dressée dans le parc de l’ancien collège royal de Sorèze, dans le Tarn. Il faut signaler également la colonne surmontée d’une statue de Louis XVI à Nantes, mais qui fut confisquée par les Allemands en 1942 pour être fondue ; mais surtout la colossale représentation du roi au Musée de la Ville de Bordeaux.

Mais encore, une statue au Loroux-Bottereau, dans le vignoble Nantais ;  une autre à Becherel, en Bretagne, dans le parc du château de Caradeuc. Et ...à Nant dans l’Aveyron, dont les multiples péripéties méritent l’intérêt. Une inscription latine cite la date du 14 mars 1775 « comme un gage d’immortalité ». Il faut croire que ce gage fut efficace, considérant que depuis cinq siècle et demi, la justice est toujours présente en ces lieux, en témoigne la réalisation du nouveau Palais de Justice, après des travaux d’importance ayant permis, notamment, de mettre au jour les soubassements de la forteresse de l’ancien Château Narbonnais.

Sources :  Archives municipales :  « 2000 ans d’histoire urbaine » .

Essai de classification des représentations statuaires de Louis XVI : http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://leroietmoi.free.fr/Loroux_statue.jpg&imgrefurl=http://leroietmoi.free.fr/monuments.htm&usg=__vcrheBa6QHXGf0RRjMykKSxOyZ0=&h=367&w=244&sz=11&hl=fr&start=1&itbs=1&tbnid=OU2cDZDiz3f71M:&tbnh=122&tbnw=81&prev=/images%3Fq%3Dstatue%2BLouis%2BXVI%2BPalais%2Bde%2BJustice%2BToulouse%26hl%3Dfr%26gbv%3D2%26tbs%3Disch:1

Ref. Web complémentaires : http://www.ca-toulouse.justice.fr/    ---  http://www.associationlouisxvi.org/menu.php