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Religieux

Pyrénées-Orientales, Perpignan : Gaudérique, un saint qui fait la pluie et le beau temps

Écrit par Administrateur. Posted in Religieux

Le climat du Roussillon se caractérise par de longues périodes de sécheresses et de brusques phases de pluies. Il n’est donc pas étonnant que les agriculteurs catalans se soient cherchés un protecteur soucieux d eleur assurer des récoltes régulières et abondantes. C’est ainsi que Gaudérique fut très tôt leur patron salvateur. Pourtant, ce n’est pas « un pays ».

Il n’est devenu « catalan » que d’adoption ; en réalité, il a vu le jour à Vieville, dans la première moitié du IXe siècle. Vieville, aux origines gallo-romaines, est à mi-distance de Mirepoix et de Fanjeaux. De nos jours, ne cherchez pas Vieville sur une carte actuelle, il y a longtemps que ce gros bourg rural a emprunté le nom de cet illustre bienheureux, Saint-Gaudéric.
Contrairement à l’idée répandue, Gaudérique ne fait pas pleuvoir. En fait, c’est son sympathique patronage qui donne les résultats escomptés. Son intercession sur les phénomènes climatiques permette d’obtenir les rendements agricoles souhaités, selon que l’on souhaite le soleil ou la pluie.
Voici comment ses hagiographes racontent son premier prodige, qui ne tarda pas à faire sa réputation.
Il était avec ses frères sur le plateau de Vieville, s’apprêtant à ramasser les épis de blés déjà coupés, lorsqu’il remarqua au-dessus du Plantaurel d’inquiétants nuages noirs. Une pluie sur la récolte l’anéantirait à coup sûr. D’une piété sans faille, Gaudérique se précipita au devant de l’orage, ses mains levées vers le ciel. Maintenant à genoux, il supplie Dieu d’écarter cette menace du travail laborieux et d’épargner un désastre à sa famille. Comme « par miracle », l’orage se divisa alors en deux comme un fleuve devant un écueil. Puis, il se déversa tout alentour sans jamais atteindre les parcelles des Gaudérique…
De ce jour, chacun des gestes de Gaudérique emble comme « inspirés » par l’Etre Divin. Ne dit-on pas que la Vierge elle-même lui fit la grâce de s’adresser à lui, et même posa sur son front une couronne de fleurs des champs en signe de béatitude. 
Après sa mort, sa dépouille fut âprement convoitée. Au XIe siècle, les moines de Saint-Martin du Canigou détenaient farouchement ses reliques. En l’occurrence, un crâne, un bras, une jambe et une partie du thorax. Mais au XVIIe siècle, ils en perdirent le monopole. On avait alors pris l’habitude de les exposer là où elle seraient les plus actives. Entre 1619 et 1638, le chirurgien Jeroni Cros signale que Perpignan alla chercher les reliques à huit reprises. Ce n’était pas en vain si l’on en croit cet observateur qui relate soigneusement, dans ses Chroniques, toutes les interventions de saint Gaudérique. Dans les heures ou les jours qui suivaient une procession, il faisait « un bon roxat » (une bonne averse), ou, note-t-il  encore, « Nostro Senyor nos donà abundància de aigua » (Notre seigneur nous donna de l’eau en abondance).
A l’aune de telles faveurs, il n’est pas étonnant que certaines « villes » aient tenté de s’attribuer ce haut patronage à demeure. Ce fut le cas de Villefranche-de-Conflent, qui mécontenta Perpignan pour conserver indûment les bienfaisantes reliques. Las ! Le 23 janvier 1613, mille cinq cents hommes, venus de Perpignan, firent le dégât à Villefranche autant qu’il fut nécessaire pour convaincre les Villefranchois de restituer les pieux ossements.
On peut voir dans certaines églises du département de riches retables généreusement dédiés à saint Gaudérique. C’est, notamment, le cas à Prades et en la cathédrale de Perpignan.
Le nom de Gaudérique se décline en catalan de plusieurs façons : Galderic, galderich, Galdarich ou Galdric.