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Un Sétois offre deux bouilabaisses à Napoléon

Écrit par Administrateur. Posted in Histoire

 

          Un Sétois offre deux bouillabaisses à Napoléon…

     Dans l’armée qui, à l’automne de 1793, reprit Toulon insurgée contre la convention, deux capitaines d’artillerie se distinguèrent ; l’un d’entre-eux âgé de 24 ans était Corse et commandait toute l’artillerie du siège ; entouré par des Hommes sans peur, il sut trouver le point faible de la place et s’illustrer sous le nom bientôt célèbre de Napoléon Bonaparte… L’autre était un jeune marin Sétois de 21 ans nommé André Pons. Il était le fils d’un aubergiste du port languedocien. Préférant rapidement la bagarre politique dans le mouvement de la Révolution, il devint rapidement un brillant orateur au service des idéaux de la Société Populaire et alla même jusqu’à changer son prénom « ci-devant » par celui plus évocateur de « Marat-Lepelletier » Si sa vocation première était de voler aux frontières son jeune âge aidant, son Club et son département au vu de sa fougue oratoire l’envoya comme commissaire civil. C’est ainsi qu’il parut à Toulon, remarqué par le Général Carteaux commandant du siège. Nommé capitaine d’artillerie, rêvant de passer à l’action sous les ordres de Dugommier il s’illustra aux côtés de son camarade Bonaparte en ouvrant la brèche et fut le premier à franchir les portes de la ville. Ils reçurent chacun leur récompense : le premier venant de l’école militaire et le second du Club Sétois se virent promus ; notre Corse comme Général à titre provisoire, quant à Marat Lepelletier Pons, il fut nommé Commandant de la place de Bandol.

 Pour célébrer ce beau succès, Pons invita le petit Caporal à Bandol déguster une bouillabaisse… Accompagné de son jeune frère Louis qui lui servait d’aide de camp, il s’y rendit et se régala. Celle-ci devait se révéler savoureuse, Bonaparte, certainement habitué à une chère plus triste dut s’en pourlécher les babines pour déclarer que c’était là « son premier repas de général… » Quarante ans plus tard, Louis à Florence se souvenait encore de ce festin !

 Mais las, cette amitié fut de courte durée, les chemins guerriers se séparant, les deux camarades ne devaient se revoir que 20 ans plus tard… On sait la suite épique des évènements, de petit caporal devant Toulon et fraichement promu général, devint premier Consul, puis l’Empereur des Français pour aborder tristement sur les rivages de l’ile d’Elbe en avril 1814 et ronger son frein en s’occupant du mieux qu’il put de l’administration des lieux dans l’attente de pouvoir s’envoler de clocher en clocher vers son destin. Marat Lepelletier Pons ne devait pas suivre les traces glorieuses de ses pairs tel ses compagnons de Toulon, Junot, voire Marmont puisqu’il revint à Sète par défaut peut-être d’ambition et réintégrant ainsi le « civil » pour œuvrer comme ferme Jacobin, ce qui ne lui porta pas chance puisqu’il fut emprisonné au lendemain de Thermidor au fort St Hyppolite. Libéré en l’an IV, les brises le portèrent comme capitaine marchand vers l’ile d’Elbe, ayant été fait prisonnier par les anglais. Une fois libéré, étant à l’âge de 25 ans éligible, il entreprit une lutte contre le gouvernement « bourgeois » du Directoire ; la carrière du soldat ambitieux ne recueillant pas ses faveurs, il redevint un simple ci-devant, abandonnant ses prénoms jacobins et la politique avec. Il souhaitait avant tout demeurer le fier et intègre républicain sans solliciter quoique ce soit à son ancien compagnon d’armes même si celui-ci aurait pu être ému au souvenir des fumets de la célèbre bouillabaisse. Le hasard fit que sa route allait croiser de nouveau celle de son ancien voisin de table, car un ami, Mr de Lacépède, Grand Chancelier de la Légion d’Honneur de son état, le nomma administrateur des mines de l’ile d’Elbe. Celui que les ouvriers aller appeler affectueusement « il nostro babbo » se laissa convaincre et passa la mer avec sa femme et ses deux filles pour s’installer à Rio-Marina près des mines qu’il gérait et vécu là paisible et scrupuleux dans son travail.

 Le vent avait tourné pour Napoléon ; Ses aigles défaits, Napoléon vaincu par les coalitions débarqua un beau soir de mai 1814 dans son petit royaume insulaire. Parmi la délégation venu accueillir l’illustre soldat, Pons est présent et même s’il ne se défait pas de sa fierté républicaine, il ne va pas jusqu’à s’incliner devant le monarque mais peut-être garde-t-il le secret espoir d’être reconnu par celui qui conserve son titre d’Empereur au moins aux yeux de ses nombreux fidèles… Car il a beau détester le despotisme, il se souvient avoir festoyé devant le divin plat avec celui qui a fait trembler l’Europe et rendre gorge à ces souverains incapables et arrogants… Ors le nouveau souverain de l’ile le regarde à peine et ne prononce pas un mot pour le souvenir de Bandol ; Ah ! L’ingratitude des grands de ce monde ! L’à-t-il seulement reconnu ? 

 C’est mal connaitre l’homme et sa mémoire ! À minuit, après les politesses et les civilités consommées, Napoléon mande  André Pons et avec les formules savantes dont il a le secret, s’invite à Rio-Marina « pourvu que cela ne gêne pas Me Pons » le lendemain tout est prêt et la maisonnée s’est mobilisée au point que les mineurs en habit de fête ainsi  font même une haie d’honneur au passage de l’Empereur. La bouillabaisse fume sur la table, tout est prêt… Sauf qu’un jardinier par trop distrait a disposé des fleurs de Lys dans les massifs de part et d’autre du perron  ce qui a pour résultat de provoquer une grimace chez l’auguste hôte en lui faisant durablement froncer les sourcils ; il faut croire que l’appétit a du mal à venir puisque la soirée s’écoule morne et la bouillabaisse n’a pas le succès escompté… Notre Jacobin impénitent, pour couronner le tout, voulant ignorer le langage des cours n’use point des « Sires » et autres « Majesté » se bornant à dire Monsieur !  L’Empereur, pourtant placide d’ordinaire tout en ayant toujours le mot assez fin et décisif se borne à dire : « Ce monsieur est-il donc toujours républicain ? » Et se retire sous son impérial chapeau. La lutte est engagée et André Pons, têtu devant des ordres qu’il juge arbitraires voire injustes répond par d’énergiques refus, ce qui a le don d’agacer le souverain qui réplique par la menace d’envoyer ses chers grenadiers. Napoléon ne s’attendant pas à cette résistance se pique au jeu et déploie sa séduction pour vaincre cette farouche résistance. Une fois de plus il remporte la bataille et Pons doit s’avouer vaincu et ils redevinrent amis… Ainsi, ils purent déguster d’autres bouillabaisses et André Pons désormais fidèle entre les fidèles, devint le dépositaire des secrets, confident au point d’œuvrer pour les futurs dessins de Napoléon, désormais à l’étroit sur les rivages de cette ile, lustrant ses bottes à l’assaut de son destin…

En effet, ce fut notre Sétois, allias Marat-Leppeltier Pons qui se chargea de communiquer une missive encourageante de Cambon demeuré à Montpellier : elle provoqua céans les ordres d’embarquement sur la flottille qu’il avait lui-même pris le soin secrètement de préparer… Il fut même de l’expédition et débarqua à Golfe Juan le 1 er mars 1815, il se vit décorer de la croix de la Légion d’Honneur, refusa néanmoins le ministère de la Marine, mais dut accepter la Préfecture du Rhône et le titre de Prince de Rio.  Il devait se voir refuser de suivre l’Empereur à St-Hélène après la défaite de Waterloo et s’exila en Italie ou il écrivit deux livres « Mémoires aux puissances alliées » et ses « Souvenirs de l’ile d’Elbe » qu’il signa du nom de Pons de l’Hérault en oubliant son titre éphémère de comte de Rio.

 Louis Philippe qui le fit un moment préfet du Jura et la deuxième république le nommant conseiller d’état ne surent se l’attacher. L’ancien Jacobin, ardent républicain jusqu’à l’ile d’Elbe resta le Bonapartiste le plus ardent et désintéressé. Il en fit l’éclatante démonstration, alors qu’à quatre-vingts ans passés il protesta avec véhémence contre le coup d’Etat du 2 décembre 1851.  Dans « Napoléon le Petit » rien ne lui évoquait son commensal de 93 ou de 1814, ce camarade et frère d’armes de Bandol partageant sa bouillabaisse, voire son maître redevenu ami de l’ile d’Elbe.

 

                                                                                                                                                                                                                                   Fernand de Bazel

 

Saint Bertrand de Comminges

Écrit par Super User. Posted in Histoire

Saint-Bertrand de Comminges

Première partie : Les origines...
Jadis, sous un sévère piton rocheux, était crée la "Lyon des Convènes", un de ces chefs- lieux de cité qui n’eurent pas la chance de se développer comme nombre d’anciennes capitales romaines comptant aujourd’hui parmi les grandes villes de France. La tradition situe l’implantation Romaine sur le site de Lugdunum convenarum en 72 avant notre ère. (également nommée Lugdunum prope Hispaniam, Lyon sur la frontière d’Espagne...) (1) On doit cette date à St Jérôme qui au cours d’un violent réquisitoire prononcé contre Vigilance, un hérétique, qualifiait celui-ci de descendant de réfugiés et de brigands. Les Convènes (ceux qui ont été rassemblés) seraient ceux que Pompée, vainqueurs comme vaincus avait regroupés en ces lieux. Mais les fouilles menées depuis le début du XXe Siècle, n’ont pas permis de prouver ce passé peu glorieux que vilipendait le père de l’Eglise.

Epoque Royale de Sorèze : le temps de la rigueur

Écrit par Super User. Posted in Histoire

Epoque Royale de Sorèze : le temps de la rigueur…

On pourrait disserter longuement sur les avantages, voire les inconvénients de celle-ci, les peines les souffrances parfois endurées, le regard contemporain que nous porterions sur le sujet ne serait guère objectif, d'autant que nous serions bien en peine d'en comprendre la portée ainsi que les enjeux. Il serait vain et prétentieux de résumer des siècles d'existence de cette école devenue institution et dont la renommée s'étendait jusqu'aux lointaines provinces du midi Toulousain, aussi nous nous bornerons à évoquer les règles qui régissaient le quotidien de cette école…

Comandante Navarro alias « Carapalo » Suite et fin.

Écrit par Super User. Posted in Histoire

 

Nous avions réalisé dernièrement, grâce aux informations d'un des membres de sa famille de France un article retraçant la vie d’Antonio Navarro Béamonte, combattant antifasciste de la première heure  ; ainsi que son épilogue tragique lors de l’assaut donné par les forces Franquistes dans la maison ou il était retranché avec ses compagnons guérilleros dans le lieu dit « Casas de La Carbonnera Alta » (Zaragoza) province d'Aragon en Espagne.

Comandante Navarro alias « Carapalo » Un des héros oubliés de la Libération de Paris…

Écrit par Administrateur. Posted in Histoire

El « comandante », Antonio Navarro Beamonte s’est bien battu, en ce jour funeste du 6 février 1945 à Santa- Eulalia en Espagne. Il aurait du avoir 28 ans. Encerclé par le corps de la police armée franquiste dans la maison de las « Carboneras altas », dans la famille qui l'hébergeait, il a lutté jusqu’au bout,  fidèle à ses idéaux. Retranché dans la maison avec son camarade d’armes « guerrillero» Prudencio Muñoz, il sait qu’il n’y aura pas de quartier, un feu nourri se déclenche lors du deuxième assaut…aussi quand il dégoupille et lance sa grenade qui n'explose pas, le militaire à qui elle était destinée, l’abat froidement d’une balle de revolver. C’est la fin, les armes à la main pour ce combattant antifasciste de la première heure fidèle jusqu’au bout à ses idéaux…