Arrow
Arrow

Articles

Menhirs en terre d'Aude

Écrit par Administrateur. Posted in Archéologie

L’autre menir oublié de l’abbé Boudet…


Au gré de vos promenades, peut-être vos pas vous ont portés un jour dans cette terre du Razes du beau département de l’Aude ; le très riche passé de cette belle région mérite que l’on s’y attarde, surtout si vous êtes sensible à la beauté et au charme de ses nombreux et pittoresques monuments ; car ici les vestiges d’un lointain passé sont omniprésents ; il n’est pour s’en convaincre d’aller admirer le beau château d’Arques, les vestiges de celui de Coustaussa après avoir fait une halte méritée dans l’imposant château des Ducs de Joyeuse à Couiza. Mais l’occupation humaine est très ancienne en témoigne les pierres droites ou pierres levées, communément nommées menhirs tel celui de Peyrolles, (La Peyro-dreito) non loin du village d’Arque. Une légende nous est rapportée par Louis Fedié dans un bulletin de la Société d’Etudes Scientifique de l’Aude en 1878 nous relatant que sous les sabots des chevaux,  le sol sonnant creux une caverne se dissimulerait sous celui-ci… Un rapprochement était même fait avec Peyre Olla, (Pour oule) jeux de mot signifiant qu’une cache trésoraire se trouverait aux environs, d’ailleurs n’affirmait-on pas : La pierre des pontils regarde aux caves et au grenier du Roy ? Ceci d’après un témoignage rapporté par un abbé qui lui-même le tenait d’une personne ayant vu un manuscrit en son temps non identifié à ce jour…

Ce menir orthographe courante au 19 è siècle n’était pas signalé par Henri Boudet le prêtre désormais célèbre de la petite station thermale de Rennes-les-Bains dans son ouvrage « La Vraie Langue Celtique » il est vrai que son livre ne traitait que de son territoire propre on ne peut considérer donc cela comme un oubli. Et certains d’interpréter cela comme un clin d’œil volontaire de l’abbé pour attirer l’attention sur un « jalon » fondamental de l’énigme sensée être cryptée dans son livre ; mais un élément mérite d’être rappelé :

Longtemps on a cru que celui-ci en son temps était l’unique monument de ce type dans le territoire, mais il y a une dizaine d’années de cela, au hasard de nos recherches, la lecture d’un ouvrage aujourd’hui oublié et somme toute assez méconnu de nos jours réservait au hasard de la lecture attentive de ses pages une surprise qui mérite aujourd’hui d’être relatée. En effet, dans un ouvrage datant de 1910, en feuilletant les pages consacrées au département de l’Aude une deuxième pierre droite était signalée par un correspondant local aujourd’hui identifié comme collaborateur régulier d’une revue régionale connue. En effet le célèbre géographe pour la rédaction de ces atlas, s’appuyait sur un réseau de correspondants locaux sur tout le territoire. Il apparait utile de rappeler en outre la définition d’un menhir contenue dans le dictionnaire Larousse : Monument mégalithique formé par une pierre levée…

Assez imposante, semblant reposer sur un socle et habilement callée,  elle se dresse d’après la légende sur le territoire de la commune d’Arques. En page précédente, 235, le fameux menhir de Peyrolles était évidemment également signalé avec comme titre « La Pierre levée (Canton de Couiza) » en commentaire en dessous était mentionné : Il y a au moins deux menhirs dans le canton de Couiza : l’un dans la commune d’Arques, l’autre sur le territoire de Peyrolles, et tous deux dans la sévère montagne des Corbières » Sur l’original de cette photographie on peut lire en guise de légende mentionnant notre menhir oublié : « Le Menhir de Rennes-les-Bains, Canton de Couiza, il se dresse sur le territoire d’Arques… »

Ces mentions de situation géographiques sont dues évidemment aux anciennes divisions. Mais la légende mentionne bel et bien Rennes-les-Bains ; situé sur une éminence avec un point de vue remarquable on devine qu’il est situé à cheval sur les deux communes ; d’ailleurs les familiers du secteur pourront tout à loisir d’après l’arrière-plan le situer et partir à sa découverte si d’aventure la végétation qui a peu à peu envahi le site permet encore son accès à moins que des évènements l’aient mis à bas…

Une autre photographie prise aux environ de 1900 est tout aussi intéressante : il s’agit de celle du Château de Coustaussa. Les afficionados de l’histoire de Rennes-le-Château n’ont pas manqué de la comparer avec une ruine figurée sur la belle fresque de la petite église du village éponyme et réputée représenter celle du dit château. Ainsi chacun pourra se forger sa propre opinion.

L’été étant propice aux belles promenades et la région attirant nombre d’amateurs en quête d’insolite traitant du secteur des deux Rennes, nous ne serions pas surpris si l’un d’entre-eux plus opiniâtre redécouvrait cette pierre dressée et en fasse le reportage…  pourquoi pas dans nos colonnes ?

Ecrit par Fernand de Bazel
le 26 mai 2016

Notes de lecture :
Atlas Pittoresque de la France Tome I par Onesime Reclus, Paris Attinger Frères Editeurs. 1910-1912.
3 Volumes.

Lire également dans nos colonnes : Du nom d’Alaric, Aude.

Site illustratif : http://t3m.perso.sfr.fr/doc_menhir_peyrolles.htm
Et : http://www.renne-le-chateau.com/pier_gra/pierres.html#ancre7